Budget 2021 et violence faite aux femmes : Un cri du cœur qui continue !

Au lendemain du dépôt du budget 2021, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) souhaite exprimer sa déception et en appelle à la poursuite des efforts devant la gravité de la situation.

Sept féminicides en sept semaines. Du jamais vu pour les ressources soutenant les femmes violentées. Le gouvernement prend-il la mesure du problème ? On se questionne.

Seulement 4.5 millions de dollars de plus par année ont été annoncés lors du dépôt du budget Girard pour soutenir plus de 100 maisons d’hébergement à travers la province offrant des services 24/7.

« Nous sommes inquiètes. La dernière année a été particulièrement éprouvante pour les maisons d’hébergement et les femmes violentées qu’elles accueillent.  Plus que jamais, elles ont besoin d’être soutenues. Elles doivent avoir les moyens d’assurer 100 % de leurs services pour assurer la sécurité des femmes. »

Alors qu’en 19/20, les maisons n’ont reçu que le quart de leurs demandes, la FMHF évalue un manque à gagner de 30 millions de dollars pour consolider adéquatement son réseau. La hausse consentie ne permet évidemment pas de répondre à l’ensemble de leurs besoins de plus en plus complexes.

Rappelons que les maisons ne sont pas que de l’hébergement. Ce sont des ressources 24/7 offrant une multitude de services, dont des services externes, des services jeunesse, de l’accompagnement, de l’écoute téléphonique ainsi que des activités de sensibilisation au sein de la communauté.

En 2019/2020, les membres de la FMHF ont soutenu entre autres près de 300 femmes ayant vécu une tentative de meurtre et plus de 20% ayant reçu des menaces de mort. Les maisons membres de la FMHF doivent refuser chaque année près de 10 000 demandes d’hébergement faute de places disponible au moment de l’appel.

« Dès le début de la pandémie, nous avions malheureusement prévu les dangereux impacts du confinement et déconfinement pour les femmes violentées. Il n’existe malheureusement pas de vaccins pour cette pandémie de l’ombre » ajoute Manon Monastesse.

Les moyens d’action pour contrer la violence faite aux femmes sont multiples. Au-delà d’une consolidation du réseau des maisons d’hébergement, notre gouvernement doit investir massivement pour mettre en action les 190 recommandations du Comité d’experts pour l’accompagnement des victimes d’agression sexuelle et de violence conjugale ; ainsi que les 28 recommandations émises par le comité d’examen des décès liés à la violence conjugale.

Prévenir les féminicides et soutenir les femmes violentées impliquent le renforcement du filet de sécurité. Cela passe notamment par la formation continue des intervenants socio-judiciaire et des corps policiers ; mais également par la prévention et la sensibilisation au sein de la communauté.

« Les féminicides, c’est assez ! Les discours empathiques de nos élus doivent s’accompagner de moyens et d’actions. Les femmes violentées et leurs enfants ont le droit à la sécurité physique et psychologique au Québec » soutient Manon Monastesse.

Les besoins sont énormes, nos attentes sont grandes. Nous gardons confiance et répétons que nous souhaitons être des alliées.  

À propos de la FMHF

La FMHF représente 36 maisons d’hébergement au Québec qui hébergent chaque année près de 3000 femmes et leurs 1500 enfants, victimes de violences conjugale et familiale, de traite et de violences basées sur l’honneur, d’agressions et d’exploitation sexuelles, etc. Elles répondent à plus de 50 000 appels et assurent plus de 175 000 suivis individuels. Elles soutiennent, via leurs services externes, plus de 5000 femmes et enfants. Leur taux d’occupation avoisine voire dépasse 100%. Elles doivent refuser près de 10 000 demande d’hébergement chaque année faute de place disponible au moment de l’appel.

-30-

Source et info :  Adeline Jouve | 514 224 3204 | ajouve@fede.qc.ca

Partagez partager