Série noire de féminicides : il est urgent d’agir !

 La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) tient à exprimer sa colère en apprenant encore la mort et la tentative d’homicide de deux femmes en l’espace de quelques jours et rappelle que des moyens d’action sont possibles pour prévenir les féminicides.    

« C’est toujours déchirant pour nous d’apprendre la mort de femmes violentées. Notre société doit collectivement se questionner pour prévenir et assurer la sécurité des femmes, quelles que soient les violences qu’elles vivent » - déplore Manon Monastesse, dg et porte-parole de la FMHF.

Les chiffres des maisons membres de la FMHF reflètent cette situation alarmante. En 2019/2020, elles ont soutenu entre autres de 300 femmes ayant vécu une tentative de meurtre, plus de 30 % de femmes ayant subi du harcèlement, et plus de 20% ayant reçu des menaces de mort

« Il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble des facteurs de risque pour prévenir les homicides conjugaux. Le rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale produit par le bureau du Coroner met clairement en évidence ces facteurs que l’on doit reconnaitre rapidement et prendre au sérieux prou éviter la chronique d’une mort annoncée. » - ajoute Manon Monastesse.

Parmi eux, la présence de séparation récente, de harcèlement, des antécédents de violence ou encore une perte d’emprise sur la victime.

Un déconfinement à surveiller

La FMHF en appelle ainsi à l’extrême vigilance en cette période de déconfinement et de relâchement des mesures sanitaires. Restons alertes sur la perte d’emprise des conjoints violents sur les victimes.

Alors même que le confinement leur permettait de le contôle sur elles, tous les jours en tout temps, le déconfinement peut se traduire par une perte d’emprise potentiellement dangereuse pour les femmes violentées. « C’est un enjeu à suivre de près et nous rappelons surtout à toutes les femmes ou proches que les maisons d’hébergement sont là pour elles, 24h sur 24, 7 jours sur 7 ! » insiste Manon Monastesse.

Enfin, la FMHF en appelle à l’implication proactive du gouvernement qui doit agir sur de nombreux domaines pour répondre aux besoins des femmes violentées : santé, justice, services policiers et sociaux, logement accessible lors de la sortie de l’hébergement, etc. Les violences envers les femmes sont multiples et nécessitent une approche transversale et globale, en phase avec le Plan d’action en violence conjugale.

À propos de la FMHF

La FMHF représente 36 maisons d’hébergement au Québec qui hébergent chaque année près de 3 000 femmes et leurs 1 500 enfants, victimes de violences conjugale et familiale, de traite et de violences basées sur l’honneur, d’agressions et d’exploitation sexuelles, etc. Elles répondent à plus de 50 000 appels et assurent plus de 175 000 suivis individuels. Elles soutiennent, via leurs services externes, plus de 5000 femmes et enfants. Leur taux d’occupation avoisine voire dépasse 100%. Elles doivent refuser près de 10 000 demande d’hébergement chaque année faute de place disponible au moment de l’appel.

Source et info : Adeline Jouve | 514 224 3204 | ajouve@fede.qc.ca

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